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Les Palais Nasrides et Le palais de Charles Quint

I-  Les Palais Nasrides :
Les Palais Nasrides constituent un complexe de bâtiments ornementaux bâtis sur plusieurs générations. Les salles sont communicantes et donnent sur des cours intérieures ; elles suivent un tracé orthogonal.
Dans leur forme actuelle, on peut distinguer trois zones d'ouest en est: le Mexuar, le palais de Comares, les palais des Lions.


1-Mexuar: 
D'ouest en est, on distingue :
la cour de la Mosquée, dont il ne reste que des vestiges
la cour et la tour de Machuca, qui doivent leur nom à Pedro Machuca, architecte de Charles Quint, qui occupa la tour.
la salle du Mexuar : Construite sous le sultan Ismaïl Ier (1314-1325), elle fit l'objet d'aménagements sous Mohammed V. À l'époque nasride, elle servit notamment de siège au tribunal royal. Après la reconquête, elle fut transformée en chapelle chrétienne au XVIe siècle. L'espace central est délimité par quatre colonnes de marbre, qui soutenaient jadis une coupole. Au XVIe siècle, cette dernière disparut lorsqu'on ajouta un étage. La coupole fut remplacée par un plafond lambrissé à disposition radiale. La salle est décorée d'un lambris d'azulejos, dont les étoiles centrales représentent la devise nasride en caractères arabes, l'aigle à deux têtes de la maison des Habsbourg et les Colonnes d'Hercule.
la salle des Oraisons : Comme elle a subi de nombreuses restaurations, il est difficile de se faire une idée de son aspect d'origine. Elle n'a pas la même orientation que les autres bâtiments : comme il s'agit d'une salle de prières musulmane, elle est orientée vers le sud-est, en direction de La Mecque.
la cour de la Chambre dorée (patio del Cuarto Dorado) : On accède à la cour par une porte dont l'étroitesse permet de mieux en contrôler l'entrée. Le sultan y donnait ses audiences. Du côté sud de la cour se trouve la façade du palais de Comares. Du côté nord, une galerie formée de trois arcs mène à la chambre dorée. Celle-ci doit son nom au plafond à caissons à motifs dorés. Bien que le plafond soit d'origine, après la Reconquête, il a été muni de motifs héraldiques des monarques catholiques.
2-Palais de Comares:
Le palais de Comares fut développé pour l'essentiel par les bâtisseurs nasrides Yusuf I et Mohammed V al-Ghanî. Les Espagnols le nomment également le patio des Arrayanes, assimilant cette partie du palais à l'espace le plus ample qui s'y trouve.
D'ouest en est, les différentes parties de ce palais sont :
*la cour des Myrtes (patio de los Arrayanes) ;
*la salle de la Barque, au nord de la cour;
*la salle du Trône ou des Ambassadeurs, située au nord de la salle de *la Barque, dans la tour de Comares. Lieu de la salle du trône (diwan).
*le Hammam.
3-Palais des Lions: 
C'est dans les salles de cette zone palatine que les voûtes sont les plus travaillées et raffinées.
-Salle des Murqarnas (sala de los Mocárabes);
Cette pièce rectangulaire flanque le patio des Lions vers l'ouest. elle doit son nom à la toiture de muqarnas qui la couvrait à l'origine et qui fut détruite par une explosion en 1590.
-La cour des Lions (Patio de los Leones)

Le patio, consistant en une cour intérieure et une fontaine centrale, est entouré d'une galerie à colonnes, avec deux portiques opposés. De petites rigoles partent de la fontaine pour rejoindre les quatre côtés de la cour indiquant de la sorte les points cardinaux.
L'Islam prohibant la représentation d'humains et d'animaux, afin d'éviter l'adoration des icônes observées dans les temps pré-islamique, les douze lions formant la fontaine du patio procèderait en réalité de l'art juif du XIe siècle et représenterait les douze tribus d'Israël, une étoile de David figurait sur le front de chacun des lions. Ils furent supprimées par les Arabes lorsqu'ils furent dérobés par les Maures dans une villa de la péninsule ibérique durant la conquête initiale, puis ramenés à Grenade pour décorer le palais. La fontaine est donc constituée d'un bassin reposant sur les douze lions de la bouche desquels jaillit de l'eau.
Par sa configuration, ce patio renvoie aux cloîtres des monastères chrétiens.
Les lions figurant sur le patio sont des reproductions ; les lions de marbre originels font l'objet d'une réfection par l'organisme gérant le monument de l'Alhambra.
Plan des palais nasrides. En jaune : le Mexuar ; en rouge : le palais de Comares ; en vert : le palais des Lions ; en bleu : les logis de l'empereur.

II-Le palais de Charles Quint:
Le palais de Charles Quint est un palais construit au xvie siècle sur ordre de l'empereur Charles Quint sur la colline de l'Alhambra de la ville de Grenade, dans la région d'Andalousie, en Espagne. C'est un ajout des vainqueurs castillans, postérieur à l'édification des palais mauresques sur la colline de la Sabika.
La base du palais est un carré de 63 mètres de côté entourant une cour circulaire de 30 mètres de diamètre. Cette disposition, le principal signe maniériste du palais, est sans précédent dans l'architecture de la Renaissance, et place le bâtiment dans l'avant-garde artistique de son époque. L'édifice compte deux niveaux. Celui du bas d'ordre toscan est constitué de pilastres sur lesquelles reposent des anneaux de bronze décorés. L'étage supérieur est d'ordre ionique et entre chaque pilastre se trouve une baie surmontée d'un fronton. Les deux façades principales arborent un plaquage en pierre provenant de la sierra Elvira. Le patio circulaire lui aussi comporte deux étages. L'étage inférieur est formé d'une colonnade dorique en pierre avec un entablement très classique, formé de triglyphes et de métopes ornés de couronnes et de têtes de bœuf. L'étage supérieur quant à lui est formé d'une colonnade de style ionique plus légère, avec un entablement lisse. La structure générale du patio illustre une très grande connaissance de l'architecture impériale romaine et s'insérerait parfaitement dans le style Renaissance sans la présence de ce patio circulaire qui provoque la surprise une fois que le visiteur traverse les façades principales, et subordonne les espaces intérieurs et les circulations verticales à l'idée génératrice. De telles techniques de composition ont ensuite été développées par Michel-Ange et Palladio sous l'étiquette du maniérisme.
Le bâtiment est situé au cœur de l'Alhambra nazare, à l'extrémité du patio de los Arrayanes, et lors de sa construction, on a dû déplacer un pavillon opposé à la tour de Comares. Ce détail, objet de critique et de polémique, doit être replacé dans le contexte de l'époque. Le palais de Charles Quint ne signifie pas tant la destruction d'une partie de l'Alhambra que la garantie de la survie du reste. En des temps où la pratique courante était la destruction totale des temples et palais des peuples conquis, la sensibilité des rois chrétiens face à la beauté incontestable de l'Alhambra imposa la nécessité de la conserver.
Le palais de Charles Quint est directement adossé aux palais nasrides, à tel point qu'une série de travaux en cours consiste à désolidariser un escalier monumental qui partage ses dalles avec les parois du palais de Comares.
La fonction symbolique du palais était de signifier la mainmise du pouvoir de l'Empereur sur ces terres conquises lors de la génération des rois catholiques qui l'ont précédé.
Au XIXe  siècle sont ajoutés les toits encore visibles au début duXXIe siècle.
Depuis le début du XXIe siècle, le palais de Charles Quint abrite deux musées : le Musée des beaux-arts de Grenade et le Musée de l'Alhambra. Le Musée des beaux-arts de Grenade montre, dans son exposition permanente, des peintures et des sculptures œuvres d'artistes andalous et datant principalement du XVIe siècle. Parmi les quelques artistes du XVIIe siècle représentés figurent Alonso Cano et Pedro A. Bocanegra. La collection comprend également quelques toiles du XIXe siècle et des œuvres d'artistes contemporains. Des expositions temporaires s'ajoutent régulièrement à l'exposition permanente.

Le Musée de l'Alhambra de Grenade est essentiellement consacré à l'art hispano-andalou du Moyen âge et de la Renaissance. Il expose notamment des pièces de monnaie, une horloge solaire du Xe siècle, des Corans enluminés allant du XIIe au XIVe siècle, ainsi que des amphores almohades, des bois sculptés, des pièces de mobilier, des marbres, stucs et azulejos allant du IXe au XIVe siècle



Alhambra (Grenade)

L'Alhambra  de Grenade en Andalousie, est un ensemble palatial constituant l'un des monuments majeurs de l'architecture islamique. Acropole médiévale la plus majestueuse du monde méditerranéen, située sur le plateau de la Sabika qui domine la ville, elle se compose essentiellement de quatre parties incluses dans son enceinte fortifiée : l'Aaba, les palais nasrides, le Généralife , ses jardins, et le palais de Charles Quint.

C'est avec la Grande mosquée de Cordoue le plus prestigieux témoin de la présence musulmane en Espagne du VIIIe au XVe siècle. Leurs caractères sont d'ailleurs opposés : à la sobriété grandiose du monument religieux représentatif de la première architecture islamique, s'oppose l'exubérance de la dernière manière hispano-mauresque : celle-ci s'exprime en effet dans les palais des derniers souverains nasrides, alors en pleine décadence, et qui disparaîtront bientôt lors des derniers assauts de la Reconquista.

C'est un ensemble fortifié situé sur la colline de la Sabika, qui domine la plaine et la ville de Grenade, et qui fait face au quartier populaire et pittoresque de l'Albaicin. On y aperçoit au loin les sommets enneigés de la Sierra Nevada. Parmi ces bâtiments se trouvent notamment le palais mauresque qui fait la gloire de l'Alhambra ainsi que le palais de style renaissance de Charles Quint et une église édifiée à la place d'une mosquée.

Le nom vient de l'arabe الْقَلْعَةُ ٱلْحَمْرَاءُ, ʾal-Qalʻatou (a)l-Ḥamrāʼ(ou), c'est-à-dire « le château rouge ». le fondateur de la dynastie des Nasrides, qui entra à Grenade en 1238 et fonda le site, mais le toponyme semble plus ancien. Son fils Mohammed II le fortifia. Le style nasride atteint son apogée au XIVe siècle sous les rois Youssouf Ier et Mohammed V al-Ghanî, qui font édifier les parties les plus prestigieuses entre 1333 et 1354. Chaque souverain reprenait le palais de son prédécesseur et en édifiait de nouvelles parties, le modifiant à sa guise : on parle donc de palais Nasrides, au pluriel, pour cet ensemble.
Alors que presque partout dans le monde musulman les palais anciens ont disparu ou ne sont plus que des ruines, l’Alhambra possède encore deux groupes de palais du XIVe siècle. Les demeures bâties par les premiers souverains de la dynastie ont disparu et, au XVe siècle, les rois de Grenade n’ont pas eu les ressources nécessaires pour remplacer les palais subsistant aujourd’hui.



L'église Saint-Augustin-et-Saint-Fidèle de La Goulette

 Située dans l’ancien quartier italien, l'église actuelle commence à être édifiée à partir de 1848 pour être achevée en 1872, elle rend hommage à Notre Dame de Trapani . À partir de 1898, le cardinal Lavigerie demande aux ermites de saint Augustin, originaires de Malte, de prendre en charge la paroisse ; le plus célèbre d'entre eux est le père Salibat qui apporte des modifications et embellissements à l'édifice. Elle devient vite un lieu d'attraction avec le pèlerinage à Notre-Dame de Trapani et sa procession à travers la ville, qui a lieu pour la dernière fois le 15 août 1962.
L'église est grande et ornée de fresques et de peintures dans le goût italien. Elle est accompagnée d'un haut campanile,  au sommet duquel on parvient au moyen d'un escalier fort élégamment construit ou sont  suspendues trois cloches, et est animée par des frères capucins siciliens.
À partir de 2007, le bâtiment fait l'objet de travaux de réfection1, un peintre italien, Alberto Bogani, donnant à l'édifice une nouvelle décoration. L'église accueille une communauté anglophone, surtout africaine, chaque dimanche pour la messe. Une communauté de sœurs missionnaires de la Charité (sœurs de Mère Teresa) vit sur place, prenant soin de quelques grand-mères d'origine italienne et finissant leurs jours en Tunisie. Une communauté de pères de la congrégation de la Mission, dits lazaristes, vient s'installer dans les lieux à partir de septembre 2011.
 Le Gouvernement tunisien avait décidé il y a quelques années de démolir tout le bâtiment, en vue de la rénovation complète du vieux quartier de La Goulette. Le président italien de l'époque, Oscar Luigi Scalfaro, en visite officielle, avait demandé à visiter la vieille église qui était en ruine. Il a, par la suite, pu convaincre les autorités tunisiennes de renoncer à ce projet, et d'encourager une restauration totale, en confiant la gestion du complexe entier au diocèse de Tunis.
Avant l’occupation française, La Goulette n’était pas une paroisse (La paroisse désigne à la fois une aire géographique précise, le « territoire de la paroisse », et un groupe de personnes habitant sur ce territoire et constituant la communauté paroissiale.) canoniquement (Il s'agit d'une règle disciplinaire interne à une religion )  érigée. On n’y disait la messe que de temps à autres, dans une petite chapelle appartenant au vice-consul de France, M. GASPARY.

 En 1836, le père Ange PIANELLI, visiteur apostolique des PP. capucins qui desservaient alors la Régence, acheta à un propriétaire sicilien de la localité une maisonnette de bois dans laquelle on établit le culte et où résida un religieux.

Pourquoi une maisonnette de bois ? Parce que La Goulette était une place de guerre et que les constructions en pierre y étaient interdites ; les habitations des européens étaient obligatoirement en bois. La fondation de la paroisse remonte donc à 1836, soit à 126 ans en 1962.


Le premier desservant fut le père Philippe de Malte. On vivait alors des temps héroïques. La Tunisie était, en quelque sorte un pays de mission. On appelait d’ailleurs le clergé local «la Mission Catholique ».

En 1830, la Préfecture apostolique de Tunis ne comptait que 3 à 4000 catholiques, la plupart résidant à Tunis et quelques-uns à Bizerte, Porto Farina, Sousse, Mahdia, Sfax et même Djerba.

Le préfet apostolique était un vieillard infirme, le père Alexandre de MASSIGNANO religieux capucin, qui n’avait qu’un auxiliaire, le père Louis de MARSALA, outre 2 frères lais ( terrain que les eaux de mer ou de rivière laissent à découvert en se retirant). Ils habitaient l’immeuble de la rue de la Kasbah portant le numéro 31. On y transforma une salle en église paroissiale placée sous le vocable de Sainte-Croix, en souvenir de la chapelle qui existait depuis deux siècles dans un bagne de ce nom. Cette primitive église ne doit pas être confondue avec l’actuelle église Sainte-Croix qui fut le seul sanctuaire important avant l’érection de l’église pro-cathédrale provisoire de Tunis.

En 1841, il y avait à Tunis un préfet apostolique maltais, le père Emmanuel. A son instigation, M. Charles de LAGAU, consul général de France, sollicitait su Saint-Siège – et obtenait par un bref de Grégoire XVI en date du 21 mars 1843 – la création du Vicariat Apostolique de Tunis qui fut confié au père Fidèle de Ferrare (Fedele SUTTER), provincial des capucins de Bologne. Celui-ci amena de Rome , avec lui, le père Anselme des ARCS, français, comme interprète et bientôt chancelier et un secrétaire particulier, le père Joseph de Ferrare. Tous trois débarquèrent à La Goulette dans leur costume religieux. Ce fut une déception générale : M. de LAGAU, les consuls étrangers, le Bey lui-même, attendaient un haut prélat. M. de LAGAU revenait donc à la charge auprès du Saint-Siège et, par un bref du 20 août 1844, Grégoire XVI élevait le père Fidèle SUTTER à la dignité d’évêque de Rosalia. Sacré à Rome le 24 octobre 1844, le nouvel évêque était reçu à La Goulette dans l’enthousiasme par la population ayant à sa tête M. de LAGAU. Le soir même, un Te Deum solennel était chanté à Tunis dans l’église Sainte-Croix. Le 1er novembre, Mgr SUTTER y célébrait la première messe pontificale devant une affluence considérable.]

Sous Mgr SUTTER, le culte fut instauré dans plusieurs localités. Des églises furent construites notamment à Sousse, Sfax, Bizerte, Mahdia, Porto Farina, Monastir et La Goulette à laquelle nous revenons ainsi. Cette dernière devait bénéficier d’heureuses circonstances. Le Bey régnant alors, AHMED-BEY (1837-1855), avait décidé de reconstituer et d’équiper son armée à l’européenne. Pour réaliser ses projets, il eut besoin de l’emplacement occupé par la chapelle en bois de La Goulette. Il pria Mgr SUTTER de le lui céder et proposa de donner en retour tout le terrain qu’il plairait au prélat de choisir à l’intérieur de la ville. Mgr SUTTER accepta sans hésiter cette proposition et jeta son dévolu sur le vaste terrain où s’élèvent l’église actuelle et le presbytère.

L’église, son agencement intérieur, son haut clocher seront l’œuvre du père Vincent de CASTACCIARO, ancien avocat, venu à Tunis en 1879. C’est donc de cette époque que dateraient l’église et le presbytère. Ils eurent à souffrir de bombardements au cours de la dernière guerre et furent réparés en conséquence.


L'amphithéâtre de Carthage


L'amphithéâtre de Carthage est un amphithéâtre romain construit au Ier siècle dans la ville de Carthage, reconstruite par Jules César (Colonia Julia Karthago) et qui devient la capitale de la province romaine d'Afrique.

La prédation qui sévit sur le site archéologique fait que seule subsiste l'arène, alors que l'édifice faisait l'admiration de voyageurs, y compris au Moyen Âge.

Le site fait l'objet de fouilles à la fin du XIXe siècle, mais aussi de restauration et d'aménagements contestables du fait de la tradition chrétienne qui en fait un lieu de martyre.

L'amphithéâtre de Carthage est construit à la fin du Ier siècle ou au début du IIe siècle, à l'ouest de la colline de Byrsa. Une inscription datée atteste qu'il est en service en 133-139. Il est agrandi au cours du IIIe siècle.

Au XIe siècle, Al-Bakri donne une description de l'amphithéâtre, qu'il qualifie de monument le « plus merveilleux de Carthage » : « Cet édifice se compose d'un cercle d'arcades soutenues par des colonnes et surmontées par d'autres arcades semblables à celles du premier rang. Sur les murs de cet édifice, on voit représentées des images d'animaux [...] On y distingue des figures qui symbolisent les vents : celui de l'Orient a l'air souriant, celui de l'Occident a un visage renfrogné ».
Vue actuelle de l'arène

Pendant longtemps la hauteur de ses arches fait l'admiration des visiteurs du Moyen Âge, dont Al Idrissi impressionné par la « construction en cirque formée d'environ cinquante arcades » ; il précise : « Au sommet de chaque arcade est un cintre, et sur le cintre de l'arcade inférieure, l'on voit sculptées en relief diverses figures et représentations curieuses d'êtres humains, d'animaux, de navires, le tout exécuté avec un art infini et une immense habileté ».

Depuis, l'exploitation du monument par les pilleurs de pierre et de métal l'a nivelé au sol. Aussi, seule l'arène, dégagée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, subsiste aujourd'hui au milieu d'un bocage de pins, de même que le mur d'enceinte qui a été restauré.

En 1887, une croix est érigée en son centre en souvenir du martyr de chrétiens dont Perpétue et Félicité. Ces deux saintes de l'Église catholique furent sans doute martyrisées dans un autre monument analogue mais inconnu à ce jour, en dépit d'une tradition relayée longtemps y compris par les historiens. La construction d'une chapelle moderne dédiée aux deux saintes a perturbé les installations du sous-sol de l'amphithéâtre.



L'amphithéâtre offre une arène de 64,66 sur 36,70 mètres, entourée d'un podium construit en opus quadratum de 2,5 mètres de hauteur, et des gradins reposant sur une série de 54 travées. Son périmètre extérieur est de 120 mètres sur 93. Lors de son agrandissement, son grand axe est porté à 156 mètres pour une largeur de 128 mètres, avec une façade faite de blocs de Kadhel. Sa capacité est estimée à 30 000 places.

C'est l'un des trois amphithéâtres africains, avec ceux d'El Jem et de Thapsus, à être construit sur un terrain plat, sans adossement à une colline.


L'Empire romain

L'Empire romain (en latin : Imperium romanum ; en italien : Impero romano) est le nom donné par les historiens à la période de la Rome antique s'étendant entre 27 av. J.-C. et 476 ap. J.-C.

Pour la période postérieure, de 476 à 1453 ap. J.-C., qui concerne surtout la partie orientale de l'Empire, avec Constantinople pour capitale, les historiens modernes parlent aujourd'hui d'Empire byzantin. Ce terme n'est toutefois apparu qu'au XVIe siècle, ses habitants de l'époque l'appelant toujours « empire des Romains ». La distinction entre Empire romain et Empire byzantin, ainsi que la date de naissance assignée à ce dernier sont d’ailleurs une question de convention entre chercheurs modernes. En Europe de l'Ouest et centrale, l'Empire d'Occident (800-924) des rois carolingiens, puis le Saint-Empire romain (germanique) (962-1806), dont les souverains se faisaient encore appeler « Empereur des Romains », se considéraient également comme les successeurs légitimes de l'Empire latin.
L'année 27 av. J.-C. correspond à l'octroi par le Sénat à Octave du surnom d'Augustus (« Auguste »), date traditionnellement considérée comme le début du principat.
Durant la période de cinq siècles allant de 27 av. J.-C. à 476 ap. J.-C., l'État romain s'est agrandi au point d'englober un territoire allant de la Maurétanie tingitane (Maroc) jusqu'à la Mésopotamie, et de la Britannie (Angleterre) jusqu'à l'Égypte, créant ainsi l'une des plus grandes entités politiques de l'Histoire, qui influença profondément le monde méditerranéen, sur le plan culturel, linguistique et finalement religieux, tout en assurant la conservation de la civilisation grecque antique reçue en héritage. La période impériale fut aussi un temps de développement des échanges économiques, facilité par la construction d'un important réseau routier qui existe parfois encore.
L'Empire fut fondé par Auguste, qui mit fin à la Dernière Guerre civile de la République romaine, dans la toute fin de la République romaine. Contrairement à la République, qui était oligarchique, l'Empire fut une autocratie, tout en conservant durant le principat des apparences républicaines : le pouvoir politique était principalement détenu par un seul homme, l'empereur, qui s'appuya sur une bureaucratie sans cesse plus développée, sur une administration territoriale importante et sur une puissante armée. De sa fondation par Auguste jusqu'à la déposition de son dernier empereur, Romulus Augustule, l'Empire eut une histoire intérieure et extérieure complexe, caractérisée, au départ, par une certaine stabilité politique (période du principat), puis, à partir du iiie siècle, par une instabilité de plus en plus importante : crise du IIIe siècle et dominat. Les coups d'État et les guerres civiles se multiplièrent, et l'Empire avait à affronter un nombre grandissant d'ennemis extérieurs.
En effet, à partir de la fin du IIe siècle, l'Empire est confronté à ce que l'historiographie ultérieure a appelé les invasions barbares. Il s'agissait, en réalité, de mouvements de populations de très grande ampleur, réalisés sur de longues durées. Les peuples dits « barbares », en se déplaçant vers l'ouest, finirent par se heurter à la frontière romaine, militairement gardée, et, poussés par d'autres peuples plus à l'est, tentèrent de la percer. Si l'Empire parvint, dans un premier temps, à repousser les envahisseurs, la crise du IIIe siècle vit les frontières céder une première fois. En réaction aux périls extérieurs, le pouvoir romain, à partir de la tétrarchie, chercha à se renforcer : les centres de décision politique et militaire furent multipliés, l'administration développée et militarisée, et la taille de l'armée augmentée. Le IVe siècle fut l'époque des guerres civiles entre les successeurs des tétrarques, et il fut dominé par la personnalité de Constantin Ier, qui rénova profondément l'État romain, en lui donnant ses caractéristiques définitives.
À cette époque, le pouvoir était devenu un régime absolu, avec une cour et un protocole de type oriental. La fin de la proscription du christianisme par Constantin, puis son établissement comme religion d'État par Théodose Ier est le fait le plus marquant de la civilisation romaine dans cette période, l'Antiquité tardive. Appuyée sur l'appareil administratif romain, extrêmement développé, l'Église acquit une place prépondérante dans tous les territoires romains avant d'être chassée, par la Conquête musulmane, d'une partie de ceux-ci.
Après la division de l'Empire en deux entités, l'Empire romain d'Orient (pars orientalis) et l'Empire romain d'Occident (pars occidentalis), la partie occidentale est marquée, à partir du ve siècle, par un délitement continu de l'autorité politique au profit des royaumes germaniques : la puissance militaire s'effondre, l'économie est exsangue et la domination territoriale se réduit, jusqu'à ne plus dépasser l'Italie. L'Empire s'effondre d'une manière progressive, et la déposition, par Odoacre, du dernier empereur Romulus Augustule, est finalement un événement mineur, surtout symbolique.
Éteint en Occident en 476, l'Empire romain persista en Orient, autour de sa capitale, Constantinople. À l'Est, il mêla, comme jadis à l'Ouest, des éléments de civilisation grecs et latins, mais la part grecque est devenue prépondérante. Dans la seconde moitié du xixe siècle, l'appellation « byzantin » (qui date du xvie siècle mais était peu utilisée) se généralise pour l'Empire romain d'Orient, mais en fait, il n'existe pas de fondation ou de début de l'Empire byzantin, qui n'est que la période médiévale et finale de l'Empire romain et prend fin en 1453.


Thapsus

 Thapsus, quelquefois francisé en Thapse, est un site antique situé à l'est de l'actuelle Tunisie. Les ruines de la cité sont encore...

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