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M'daourouch

Mdaourouch ou Madauros est une commune de la wilaya de Souk Ahras en Algérie, est située à 50 km au sud de Souk Ahras. La ville et son agglomération compte environ 64750 habitants. Elle tient son nom de l'antique ville romano-numide Madauros dont les vestiges se situent à quelques kilomètres. Durant la période coloniale, son nom était Montesquieu.
Madaure, (en latin Madauros ou Madaura) d’où vient le nom de M'daourouch, une ville antique située à 50 km de Thagaste (Souk Ahras) au nord-est du pays dans les Aurès. Successivement berbère, romaine, vandale et byzantine. C'est sur le site d'une ancienne ville numide que la cité romaine de Madaure, fut fondée sous les Flaviens. Mentionnée dès le IIIe siècle, elle ne survécut pas aux invasions arabes du VIIe siècle. On dit qu'elle fut détruite par ses propres habitants à l'instigation de Kahena, la « reine guerrière », elle fit aussi pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres.

Cette ville était célèbre par son université, l’une des premières – avec Carthage – du continent africain et le mécénat culturel de ses habitants. Ce qui attirait une foule composite d’hommes de lettres, de philosophes, de grammairiens, de mathématiciens et de rhétoriciens. C'est ainsi qu'Apulée, considéré comme l'auteur du premier roman (L'Âne d'or), y naquit vers 123. À l'époque romaine, Madaure était fréquentée par les étudiants surtout pour son université réputée pour sa spécialisation en philosophie. Parmi eux le philosophe et le théologien Saint Augustin appelé aussi "Augustin d’Hippone" qui y étudiait dès l'âge de 15 ans.
Au XVIe siècle, Madaure devient le siège d'un diocèse catholique, le diocèse de Madaure, qui devient ensuite un siège titulaire.
La visite du site de Madaure permet de reconnaitre:
Un mausolée romain avec chambre funéraire au rez-de-chaussée et loge de statue à l'étage.
Un théâtre dégagé en 1919 et 1922, est un des plus petits d'Afrique romaine, mesurant 33 mètres sur 20 mètres et n'offrant que huit rangées de sièges. Sa construction, payée par un notable de Madauros, a couté 375 000 sesterces, et a été facilité par l'appui fourni par le portique du forum. Il a été modifié par la construction d'une forteresse byzantine édifiée en 535 sous Justinien dont la face Est et une partie de la face Nord sont bien conservées.
Des thermes.
Une basilique chrétienne de l'époque byzantine à trois nefs séparées par une double colonnade.
Des huileries qui ont fait la renommée de la cité.

Palais des Normands et La chapelle palatine de Palerme

Le palais des Normands (Palazzo dei Normanni en italien, Palazzu di li Nurmanni en sicilien) est un édifice de Palerme, situé Place de l'Indépendance, qui fut tour à tour forteresse punique, fort romain, château des émirs arabes, résidence des rois normands au XIIe siècle, puis enfin siège de l’Assemblée régionale sicilienne.
C'est d'abord un fort punique au VIIe siècle av. J.-C. dont on peut encore apercevoir des vestiges de maçonnerie. La place forte est conquise par les Romains en -254. Bélisaire s’en empare en 535 et la ville reste sous la domination byzantine pendant trois siècles. Les Arabes en font la résidence des Émirs (Qasr) en 831 après leur conquête de la ville. En 1072, lors de la conquête normande, la forteresse devient le palais des Normands, qui la transforment et l'embellissent. En 1130, Roger II de Sicile, roi de Sicile, décide de faire construire la tour Gjoaria (des joyaux), subdivisée en deux portiques voûtés à quatre arcades (du type des églises byzantines) qui soutiennent deux salles à déambulatoires : la Salle des Vents et la Salle de Roger, et surtout la chapelle Palatine, dédiée à saint Pierre. Frédéric II de Sicile fonde dans le Palais l’École poétique sicilienne entre 1220 et 1230. Après l’expulsion des Angevins en 1282, Pierre III d'Aragon s'installe dans le palais. Les vice-rois l'habitent épisodiquement ensuite. Après 1500 il subit de grands travaux de restaurations (démolition de tours normandes, édification de cours intérieures : cour Maqueda et cour de la fontaine) jusqu’à l’expulsion des Bourbons, en 1799. L’observatoire astronomique de Palerme est situé au palais des Normands depuis le XIXe siècle. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le palais est le siège de l’Assemblée régionale sicilienne.

La chapelle palatine de Palerme est une chapelle catholique édifiée à l'intérieur du palais des Normands, dans la ville sicilienne de Palerme. Elle est dédiée aux saints Pierre et Paul.
Construite au XIIe siècle sur ordre et pour l'usage du premier roi normand de Sicile, Roger II, elle est emblématique du style arabo-normand qui combine des éléments d'architectures romane, byzantine et arabe ; elle se signale particulièrement par la splendeur de ses mosaïques sur fond doré.
La chapelle est inscrite au Patrimoine mondial par l'UNESCO depuis le 3 juillet 2015, avec les cathédrales de Cefalù et de Monreale, autres remarquables exemples du style arabo-normand propre à la Sicile et intérieurement décorés de mosaïques de facture byzantine exaltant le christianisme.

En 1130, Roger II fut couronné roi de Sicile ; il commença la construction de la chapelle en 1132 ; les chartes de l'époque indiquent qu'elle est consacrée le 28 avril 1140, en tant que chapelle privée de la famille royale. Les travaux en furent terminés en 1143. Une inscription trilingue (latin, grec, arabe) à l'extérieur de la chapelle indique la construction d'une horloge en 1142.
Endommagée par le tremblement de terre de septembre 2002 qui toucha Palerme, elle bénéficia de travaux de restauration terminés en juillet 2008. Le programme de restauration, établi par l'architecte Guido Meli, directeur du "Centro regionale per il restauro" de la région de Sicile, a été financé grâce au mécène allemand Reinhold Würth pour plus de trois millions d'euros. Les travaux ont été réalisés par un groupe de restaurateurs romains des biens culturels. L'exploitation touristique est concédée à la Fondazione Federico II.
La chapelle combine des éléments architecturaux des chrétientés occidentale et orientale et de l'islam d'une façon exceptionnelle et unique dans le monde, rappelant la grande tolérance religieuse qui a marqué le règne de Roger II. C'est une église à trois nefs sans véritable transept (cette partie est cependant suggérée) ; deux lignes de six colonnes séparent la nef principale des deux bas-côtés ; le chœur, surmonté d'une coupole est légèrement surélevé, et est terminé par trois absides voûtées en cul-de-four, chacune d'entre elles fermant une des nefs.
Sa particularité principale est dans la richesse de sa décoration, que ce soit celle du plafond de bois ouvragé à la manière arabe, celle des mosaïques de style byzantin ornant les absides et les parties supérieures des murs et des parois ou celle des revêtements de marbre du sol couvrant également la partie inférieure des murs. Aucune partie de la chapelle, qui contient également des éléments sculptés, n'est exempte de décoration et en particulier, les mosaïques couvrent l'intégralité des parties supérieures de l'édifice - à l'exception des plafonds - caractéristique qui la rapproche de la basilique Saint-Marc de Venise et de la cathédrale de Monreale, laquelle lui est postérieure et en est inspirée.
Le sol de la chapelle ainsi que le bas des murs latéraux (jusqu'à hauteur d'homme) sont recouverts de somptueux revêtements de marbre en Opus sectile, à décors multicolores principalement géométriques.

Les mosaïques de la chapelle sont de style byzantin et ont été exécutées par des artistes grecs appelés à cet effet par Roger II. Elles datent dans l'ensemble du XIIe siècle mais ont subi nombre de restaurations ou réparations au cours du temps, selon des critères artistiques et esthétiques bien différents, que l'on identifie, de ce fait, très facilement.

Le plafond à muqarnas est entièrement peint d'un décor figuratif. Sur fond or sont peintes des étoiles et des croix imbriquées dans une dominante de rouge, bleu, noir et blanc.
La partie supérieure des murs des nefs latérales, présentent une frise de scènes de la vie de Saint Pierre (nef de gauche) et de celle de Saint Paul (nef de droite), scènes séparées les unes des autres par les fenêtres garnies de vitraux au décor géométrique simple.
La partie supérieure des parois de la nef, au dessus des arcatures qui la séparent des bas-côtés, présente une frise de scènes du livre de la Genèse, scènes séparées les unes des autres par les fenêtres garnies de vitraux au décor géométrique simple. Chaque scène est accompagnée des versets bibliques correspondants, en latin.
Du côté sud, depuis le transept vers le bas de la nef, nous trouvons dans l'ordre :
1-Création des Cieux, de la Terre et de la Lumière : premier jour 
2-Création du firmament et séparation des eaux : deuxième jour 
3-Séparation de la terre et des eaux, création des plantes : troisième jour 
4-Création du Soleil, de la Lune et des étoiles : quatrième jour 
5-Création des oiseaux et des poissons : cinquième jour 
6-Création des animaux terrestres : sixième jour 
7-Création d'Adam : sixième jour 
8-Repos de Dieu le septième jour 
9-L'arbre de la connaissance du Bien et du Mal 
10-Création d'Eve 
Du côté nord, en suivant la même direction, sont figurés :
1-Le péché originel
2-Dieu condamne Adam et Eve
3-Adam et Eve bannis du Paradis Terrestre
4-La travail d'Adam et Eve
5-Les sacrifices de Caïn et d'Abel
6-Caïn tue son frère et est interrogé par Dieu
7-Lamech parle à ses femmes
8-Hénoch est enlevé au Ciel
9-Noé et sa famille

10-La construction de l'Arche de Noé



Cathédrale de Palerme

La cathédrale de Palerme (italien : Duomo di Palermo, sicilien : Catidrali di Palermu) est une église catholique romaine duXIIe siècle, dédiée à Notre-Dame de l'Assomption, de style arabo-normand propre à la Sicile, située à Palerme, capitale de la province italienne de Sicile.
La cathédrale fut construite au XIIe siècle par l'archevêque normand de Palerme Gautier Ophamil, à l'emplacement d'une très ancienne basilique de l'empire romain transformée en mosquée au IXe siècle par les Arabes. Les tours datent desXIVe et XVe siècles et le porche gothique catalan du XVe siècle. La nef baroque fut élargie à la fin du XVIIIe siècle.
Le couronnement du premier roi de Sicile Roger II de Sicile y fut célébré à Noël 1130.
La cathédrale contient les sépultures de l'empereur Frédéric II du Saint-Empire et de son épouse Constance d’Aragon ; du roi Roger II de Sicile qui au XIIe siècle fut à l’origine du Royaume de Sicile;  de Sainte Rosalie de Palerme, patronne de Palerme.

L'église a été érigée en 1185 par Gautier Ophamil (ou en italien « Gualtiero Offamilio »), archevêque anglo-normand de Palerme et ministre du roi Guillaume II de Sicile, sur l'emplacement d'une précédente basilique byzantine fondée par saint Grégoire et plus tard transformée en mosquée par les Sarrasins, après leur conquête de la ville auIXe siècle. Le tombeau d'Ophamil se trouve dans la crypte de l'église. Ce précédent édifice médiéval avait un plan basilical à trois absides, dont il ne reste aujourd'hui que quelques éléments architecturaux mineurs.
Les étages supérieurs des tours d'angles ont été construits aux XIVe et XVe siècles, tandis que le porche sud a été ajouté au début de la Renaissance. L'aspect néoclassique actuel remonte aux travaux effectués de 1781 à 1801 par Ferdinando Fuga. Durant cette période, le grand retable de Gagini, orné de statues, frises et bas-reliefs, a été détruit et les sculptures déplacées en différentes parties de la basilique. Fuga est également l'auteur du grand dôme qui émerge du corps principal du bâtiment et des dômes plus petits qui couvrent les plafonds des nefs latérales.
La façade principale, à l'ouest, a gardé son apparence des XIVe et XVe siècles. Elle est flanquée de deux tours et son portail gothique est surmonté d'une niche qui abrite une précieuse Vierge du XVe siècle. De la façade, deux grandes arcades ogivales enjambent la rue pour rejoindre le campanile intégré au Palais archiépiscopal. La façade est carrée, couronnée de petits clochetons et arcades.

Le côté droit a des tourelles saillantes et un large portique qui forme l'entrée actuelle, dans un style gothique catalan, avec trois arcades, érigées autour de 1465, donnant sur la place. La première colonne à gauche appartenait à la basilique primitive et à la mosquée ultérieures, comme en témoigne le verset du Coran qui s'y trouve gravé. Le portail sculpté de cette entrée a été exécuté de 1426 à 1430 par Antonio Gambara, tandis que les feuilles de bois sont de Francesco Miranda (1432). La mosaïque représentant la Vierge est du XIIIe siècle, tandis que les deux monuments, sur les murs, ont été érigés au début du XVIIIe siècle, en l'honneur des rois Charles III de Bourbon et Victor-Amédée II de Sardaigne, ce dernier couronné en ce lieu en décembre 1713 avec son épouse Anne-Marie d'Orléans.
La zone de l'abside, fermée par des tourelles et pompeusement décorée sur les murs extérieurs, appartient à l'édifice du xiie siècle d'origine, tandis que le côté gauche de l'église est plus moderne avec son portail du début du XVIe siècle, par Antonello Gagini. La façade sud-ouest, face au Palais archiépiscopal, date des XIVe et XVe siècles.
L'intérieur a un plan en croix latine, avec une nef principale et deux nefs latérales divisées par des pilastres. Dans les deux premières chapelles de la nef droite se trouvent les tombeaux d'empereurs et de personnes royales transportés ici au XVIIIe siècle d'autres endroits de la basilique, contenant les restes de l'empereur Henri VI, de son fils Frédéric II, ainsi que ceux de Pierre II de Sicile. Un sarcophage romain constitue le tombeau de Constance d'Aragon, épouse de Frédéric. Sous les baldaquins à mosaïques se trouvent les tombes de Roger II, premier roi de Sicile, et de sa fille Constance. Ces deux derniers étaient autrefois inhumés dans le transept de la cathédrale de Cefalù.
Coupoles baroques du petit côté, par Ferdinando Fuga.
Portique de Domenico et Antonello Gagini.
La chapelle du Saint Sacrement, au bout de la nef gauche, est orné de pierres précieuses, dont des lapis-lazuli. À droite, dans le presbytère, se trouve la chapelle de sainte Rosalie, patronne de Palerme, fermée par un portail de bronze richement orné, avec des reliques et une urne en argent du xviie siècle, objet de dévotion particulière.
La chœur de style gothique-catalan en bois (1466) et les vestiges de marbre du retable de Gagini (enlevé lors des altérations du XVIIIe siècle) sont également précieux, comme la statue de marbre de la Vierge à l'enfant par Francesco Laurana (1469), un crucifix polychrome du XIIIe siècle par Manfredi Chiaramonte, le bénitier sur le quatrième pilastre par Domenico Gagini et la Madonna della Scala par Antonello Gagini, sur l'autel de la nouvelle sacristie. La chapelle des reliques contient les reliques de sainte Christine, saint Ninfa, saint Cosme, sainte Agathe et saint Mamilianus, premier patron de Palerme.
La crypte, accessible à partir du côté gauche, est une salle à voûte croisée, soutenue par des colonnes de granite, avec des tombeaux et des sarcophages des époques romaine, byzantine et normande. Les sépultures sont celles des archevêques Gautier Ophamil, fondateur de l'église, et Giovanni Paternò, patron d'Antonello Gagini, qui a exécuté les sculptures qui ornent sa tombe.
Le trésor de la cathédrale contient des gobelets, des vêtements, des ostensoirs, un bréviaire du xive siècle et la célèbre couronne de Constance d'Aragon, qui est un diadème d'or, trouvé dans sa tombe en 1491.
La cathédrale possède un héliomètre (« observatoire » solaire) datant de 1794, l'un des nombreux construits en Italie aux XVIIe et XVIIIe siècles. celui-ci a été conçu par Giuseppe Piazzi, qui dirigeait l'observatoire astronomique local. L'appareil lui-même est assez simple : un trou minuscule dans l'un des dômes mineurs agit comme un sténopé, projetant l'image du soleil sur le sol à midi solaire. Une ligne de bronze (méridienne) court sur le sol du nord au sud : les extrémités de la ligne marquent les positions du soleil aux solstices d'été et d'hiver ; les signes du zodiaque peints sur les dalles à divers intervalles montrent les autres dates tout au long de l'année.
Le but de l'instrument était de normaliser la mesure du temps et le calendrier. La convention en Sicile avait été que la journée de 24 heures était mesurée à partir du lever du soleil, ce qui signifiait qu'il n'y avait pas deux endroits ayant le même temps. Il était également important de savoir quand avait lieu l'équinoxe vernal, afin de fournir la date exacte de Pâques.



Site gallo-romain de Barzan

La commune de Barzan, en Charente-Maritime, abrite un site archéologique gallo-romain majeur, faisant l'objet de fouilles programmées depuis 1994. Les photographies aériennes et les fouilles archéologiques ont révélé la présence d'une ville portuaire gallo-romaine de grande importance (temple gallo-romain monumental, thermes, forum, théâtre...) située entre les communes de Barzan, Talmont-sur-Gironde et Arces-sur-Gironde.
Il semble presque certain que cette ville gallo-romaine, dont l'apogée se situe au iie siècle, soit la Novioregum indiquée dans l'itinéraire d'Antonin. Cette ville pourrait également être le Portus Santonum (port des Santones) décrit par Ptolémée.
Les environs sont occupés très tôt, au moins dès l'époque néolithique, ce dont atteste la découverte de nombreux vestiges en divers points de la commune de Barzan, notamment à proximité de la colline de La Garde, un plateau surplombant l'estuaire de la Gironde. Dès 1877, Eutrope Jouan, un historien local, rapporte l'exhumation de fragments de haches polies ainsi que de pointes de flèches. Cette découverte est complétée presque un siècle plus tard, en 1970, lors du nivellement du terrain consécutif au démantèlement d'un réservoir américain construit en 1917. Ces travaux permirent la mise au jour de restes de céramiques attribuées aux groupes des Matignons et des Peu-richardiens. Des couches de cendres et des pierres de foyers retrouvées à proximité, ainsi que la présence d'une nécropole à quelques mètres du site, permirent dès lors de prouver la présence d'un habitat à cet endroit, environ 3 500 ans avant notre ère.
En 1975, une campagne de prospection aérienne menée par Jacques Dassié confirme ce fait, et montre en outre la présence de fortifications autour de ce camp, celles-ci étant principalement composées de fossés et d'entrées en chicane, un ingénieux dispositif exposant dangereusement les éventuels assaillants. Deux autres sites préhistoriques plus récents, datés de l'âge du bronze, ont été découverts à proximité : l'un près du lieu-dit « le moulin du Fâ », l'autre sur le flanc nord-est de la colline de La Garde, à proximité du lieu-dit « Les Piloquets ». Ce dernier site fut découvert par hasard en 1980, lors de la plantation d'une vigne : il révéla notamment plusieurs haches en bronze datées d'environ 1800 avant notre ère, actuellement exposées au musée de Royan.
Aux alentours du VIIe siècle avant notre ère, la Saintonge est habitée par le peuple gaulois des Santones. Ceux-ci firent de Pons, puis de Saintes, leur capitale. Ce peuple celte s'installa à son tour sur le site du Fâ, y bâtissant notamment un sanctuaire monumental, lequel se situe sur une hauteur dominant l'estuaire de la Gironde. Ce sont eux qui fondèrent la ville, embryon de la métropole romaine qui s'étend à cet endroit quelques siècles plus tard. Des prospections aériennes récentes ont par ailleurs révélé les traces de deux autres temples celtiques, localisés sur la colline de La Garde.
Une campagne de fouilles entreprises sous la direction de Karine Robin de 1996 à 2002 a également permis de mettre au jour des céramiques gauloises et hispaniques datant du ve siècle avant notre ère, ce qui permet d'envisager la présence d'un port de commerce dès cette époque. De même, des pièces de monnaie gauloise ont été découvertes en 1997. Les plus anciennes auraient été frappées à la fin du iie siècle avant notre ère.
Le fait que la Saintonge se soit située sur l'une des routes de l’étain, commerce particulièrement actif entre les îles Britanniques (principalement la Cornouaille) et la Méditerranée à cette époque, permet d'envisager le transit de cette matière première indispensable à la fabrication du bronze par le port de l'antique cité, expliquant la relative prospérité de la ville avant même l'établissement de la domination romaine.
La province des Santones est conquise par les Romains en 58 avant l'ère chrétienne. C'est le début de l'âge d'or pour sa capitale, Mediolanum Santonum (Saintes) qui devient la première capitale de la province romaine d'Aquitaine. La ville de Novioregum, seconde agglomération de la civitas santonum (subdivision administrative de l'empire romain) semble alors avoir été avant tout un emporium, c'est-à-dire un comptoir commercial, ce qui s'explique aisément par sa situation géographique, non loin de l'embouchure de la Gironde. Les premières constructions importantes furent probablement édifiées sous le règne des empereurs Flaviens (de 69 à 96), comme l'attestent des restes de statues ainsi que plusieurs chapiteaux corinthiens datant de cette époque. La ville semble avoir connu son âge d'or vers le IIe siècle de notre ère, sous le règne des Antonins. La ville se pare de monuments importants : théâtre, avenues, port et entrepôts (horrea). Les thermes sont agrandis à cette époque.
La ville, prospère, est signalée par l’Itinéraire d'Antonin, publié au IIIe siècle de notre ère, sous le règne de l'empereur romain Dioclétien. Il situe Novioregum sur l'axe routier menant de Saintes à Bordeaux via Blaye, à 15 lieues de Saintes (environ 35 kilomètres) et 12 lieues de Tamnum, une cité qui selon Jacques Dassié, aurait été située près de Consac (environ 29 kilomètres). Celui-ci fonde son hypothèse sur l'utilisation possible d'une grande lieue gauloise de 2450 mètres en lieu et place du mille romain.
La ville conserve quelque importance jusqu'à la fin du IIIe siècle, avant de décliner et d'être abandonnée pour des raisons encore inconnues à ce jour. La théorie de l'envasement du port — sans doute poumon économique de la ville — est envisagée, sans que de véritables preuves ne soient établies à l'heure actuelle. Ce phénomène, fréquent dans la région, causa la perte au XVIIe siècle d'un autre grand port de la région : Brouage.
D'aucuns voient dans les troubles liés aux grandes invasions (Francs et Alamans, puis Wisigoths plus tardivement) une cause possible de cet abandon : cependant aucune trace de violence n'a été relevée sur le site à l’heure actuelle. Dans l’état actuel des connaissances, tout semble indiquer un déclin progressif de la cité et un abandon total ou partiel du site dans le courant du IVe siècle.

À l'aube du Moyen Âge, l'antique cité romaine devient une carrière de pierres. Des éléments décoratifs sont réemployés dans des maisons ou des églises de la région, et des fûts de colonnes romaines servent longtemps de margelles pour les puits des villages environnants (l'une d'elles, datée du IIIe siècle, sert de fonts baptismaux dans l'église d'Épargnes, un village voisin) Au XVIe siècle, un moulin à vent est édifié sur le podium de l'ancien temple : le moulin du Fâ (déformation probable du terme fanum).
De fait, si la présence de ruines antiques à Barzan est connue depuis plusieurs siècles , leur importance est longtemps sous-estimée. Le premier à l'entrevoir fut l'abbé Auguste Lacurie, secrétaire de la Société archéologique de Saintes à la fin du XIXe siècle. En 1844, il émet l'hypothèse que les ruines visibles à Barzan pourraient bien être celles de la ville antique de Novioregum, dont on cherchait la trace depuis des siècles. Cependant, plusieurs personnalités importantes dans le domaine de l'archéologie, tel Léon Massiou, un historien originaire de Saujon faisant autorité à cette époque, contestent cette hypothèse, notamment dans un ouvrage paru en 1924.
Celui-ci mène personnellement une campagne de fouilles archéologiques auprès du site dit du moulin du Fâ entre 1921 et 1924. Outre le temple et le théâtre, connus depuis les descriptions de Claude Masse, cette campagne permet d'exhumer les vestiges d'un aqueduc, puis de thermes, confirmant la présence d'une cité de quelque importance à cet emplacement.

L'importance de ces découvertes aboutit au classement du site par les monuments historiques en 1937 et 1939.
De 1935 à 1957, Louis Basalo, un architecte et archéologue royannais, effectue également des fouilles, explorant l'aqueduc, fouillant les thermes romains. Durant cette campagne, une stèle votive est découverte à environ vingt mètres du sanctuaire principal. L'inscription qui y figurait  est sans doute une dédicace au dieu Mars. Malgré d'importantes découvertes, c'est seulement en 1975, à la faveur d'une importante sécheresse, que Jacques Dassié réalisa des photographies aériennes éclairant d’un jour nouveau le site archéologique, dévoilant un site bien plus important que ce qui était soupçonné jusqu'alors. Sous les cultures et la végétation, ce n'est rien de moins qu'une ville de 140 hectares — comparable aux grandes métropoles romaines de Saintes , Poitiers  ou Bordeaux , comportant temples, thermes, théâtre, entrepôts, forum, habitations, avenues qui est dévoilé.
Le site, d'abord occupé par des propriétés privées, fut racheté par la municipalité de Barzan en 1993, année de la création de l'association ASSA Barzan, chargée de l'exploitation du site. Des fouilles structurées débutèrent en 1994, supervisées par l'Université Bordeaux III et par l’Université de La Rochelle.
Vestiges des thermes : four servant à alimenter le caldarium ou salle chaude.
En 1994, le ministère de la Culture confie à Pierre Aupert, directeur de recherches au CNRS, les fouilles sur le sanctuaire du Fâ. Celles-ci révèlent notamment la construction de deux temples successifs, l'existence d'une vaste fosse (peut-être sacrificielle) et les repères de la construction du podium.
En 1999, des sondages positifs ont été effectués par Laurence Tranoy au lieu-dit le Trésor, à l'emplacement de ce que l'on suppose avoir été le forum, au croisement du cardo maximus et du decumanus.
De 1998 à 2004, les fouilles des thermes romains, au nord du Fâ, sont conduites par Alain Bouet, maître de conférences HDR à l’Université de Bordeaux et spécialiste de l'époque gallo-romaine. Celles-ci révèlent bientôt l'existence d'un des plus grands ensembles connus en Gaule à ce jour. De 2003 à 2005, Alain Bouet participa également aux fouilles des entrepôts de stockage (les horrea) un peu au sud du sanctuaire du Fâ, révélant des magasins de grandes dimensions et l'importance du port antique.
Une campagne de fouilles menées entre 2006 et 2008 sur le sanctuaire du Fâ ont également révélé les murs du péribole montrant les deux enceintes successives, dont la seconde, monumentale, mesurait environ 106 m × 92 m.

Reprises en 2007 par Antoine Nadeau, les fouilles du théâtre, sur le site de La Garde, reprendront en 2009. Très dégradées, les ruines ont servi de carrière de pierre pendant plusieurs siècles.
Description du site:
Le temple monumental du Fâ:
Au centre d'un péribole rectangulaire de 106 m × 92 m, le temple gallo-romain du iie siècle comportait une colonnade circulaire (hauteur totale estimée 16 m), une cella ronde au centre (diamètre 20,80 m, hauteur estimée 33 m) et un porche d'entrée profond de 7,7 m, muni de colonnes en façade17. Selon l'ASSA Barzan, ce temple gallo-romain monumental ressemblait probablement à ceux de Vésone à Périgueux et du vicus des Tours Mirandes, à Vendeuvre-du-Poitou.

Les temples de La Garde:
À l'extrémité Est du decumanus, sur la colline de la Garde, se trouvent les vestiges de plusieurs temples découverts au cours de la sécheresse de 1975-1976. À l'origine, il s'agissait d'un fanum avec cella quadrangulaire entourée d'un péribole, d'un temple de tradition celtique à cella hexagonale et d'un temple romain classique avec podium en maçonnerie rectangulaire sans péribole.
Les thermes:
La fouille des thermes est considérée comme achevée dans sa partie nord. Les fouilles ont permis de démontrer que l'alimentation en eau des thermes se faisait par un grand puits rectangulaire (3 m × 4,4 m d'une profondeur de 16 m) muni d'un système d'élévation, dont la machinerie en bois, effondrée dans le puits, est en cours d'étude.

Le théâtre de La Garde:
À l'est du site du Fâ, sans doute à l'extrême limite de la ville antique, le théâtre romain occupe un flanc de la colline de La Garde. Le rayon de l'hémicycle est d'au moins 50 m et un sondage ancien a montré que sa cavea était structurée par des murs rayonnants, comportant des gradins en pierre. La longueur interne restituée du bâtiment de scène est de 71,40 m. Selon l'ASSA Barzan, il s'agit d'un édifice important, peut-être plus grand que les théâtres d'Arles et de Vaison-la-Romaine et comparable aux plus vastes édifices de ce type connus en Gaule : Vienne, Orange et Autun.
Les Horrea (entrepôts):
À l'est du Fâ, l'archéologie aérienne a identifié de vastes entrepôts publics caractéristiques des villes portuaires (comme à Vienne, Lyon, Rouen, Bordeaux, Cologne, Hyères ou Corseul). Les fouilles ont permis de dégager plusieurs cellules.
L'aqueduc de la source de Chauvignac:

L'aqueduc se situe à 3 km à l'est du site, sur la commune de Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet. Exploré sur une centaine de mètres en 1939, son altitude est néanmoins plus basse que les thermes et que le temple, posant la question de l'alimentation en eau de la ville.
Le decumanus:
Le decumanus apparaît sur toutes les images aériennes et parfois même au sol, constituant un monument en lui-même (large d'une dizaine de mètres) ; sa longueur visible est d'environ 400 mètres et il est l'élément structurant principal du réseau urbain, avec une vocation manifeste de prestige. Au Ier siècle, une voie est aménagée jusqu'à l'entrée du sanctuaire gallo-romain. Au IIe siècle, le site s'agrandit et s'embellit : le temple circulaire est reconstruit et agrandi, ainsi que les thermes et les horrea.
Des fouilles actuelles, conduites sous la direction de Laurence Tranoy (Université de La Rochelle) et d'Emmanuel Moizan (INRAP), ont pour objectif de comprendre le plan de circulation de la ville antique, et notamment la nature et le rôle de cette rue très large et très longue surnommée la "Grande avenue". Dans un reportage consacré à l'une de ces campagnes de fouille (2008), Laurence Tranoy explique que cette "Grande avenue" est un artéfact dû aux modifications de l'urbanisme selon les époques et à l'amplification de la vocation cultuelle de la ville.
Le Forum:
Les vestiges du forum ont été identifiés à proximité du lieu-dit « Le Trésor » entre le port antique et le sanctuaire du Fâ, le long de l'ancien cardo maximus. Selon l'ASSA Barzan, le forum de la ville était scindé en deux parties : au nord, une grande place dépourvue de constructions, et au sud, une seconde place entourée de portiques et d'une construction massive.
Le Port:

Le site du port antique, situé non loin du lieu-dit la Combe du Rit n'a pas encore été fouillé en 2008. Identifié par les photos aériennes et par les inondations de 1999, il était situé au sud de la ville gallo-romaine, à proximité du forum. Il constituait un point de débarquement pour les bateaux de haute mer. Les vastes entrepôts et les céramiques grecques (du Ve siècle av. J.-C.) et hispaniques, retrouvées sur le site peuvent laisser penser que le port était un lieu de négoce sur l'un des routes de l'étain reliant les Îles Britanniques à la Méditerranée.



La Grotte de Lascaux

La grotte de Lascaux se trouve sur la commune de Montignac en Dordogne, dans la vallée de la Vézère, en France.
C'est l'une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique par le nombre et la qualité esthétique de ses œuvres. Elle est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l'art pariétal » ou « chapelle Sixtine du Périgordien » selon une expression attribuée à Henri Breuil qui la nomme également « Versailles de la Préhistoire ».
Les peintures et les gravures qu'elle renferme n’ont pas pu faire l’objet de datations directes précises : leur âge est estimé entre environ 18 000 et 17 000 ans à partir de datations et d’études réalisées sur les objets découverts dans la grotte. La plupart des préhistoriens les attribuent au Magdalénien ancien, sauf quelques-uns qui penchent plutôt pour le Solutréen qui le précède, voire pour le Gravettien.
Différentes versions de l’invention de la grotte de Lascaux ont été rapportées. Elles sont parfois contradictoires et souvent relatées de façon fantaisiste : découverte fortuite par un chien ou en jouant au ballon, exploration volontaire de la cavité déjà connue. Celle-ci a été effectuée en deux temps, les 8 et 12 septembre 1940.
Selon la version la plus fréquemment racontée, le 8 septembre 1940, Marcel Ravidat découvre l'entrée de la cavité lors d'une promenade sur la commune de Montignac en Dordogne avec ses camarades Jean Clauzel, Maurice Queyroi et Louis Périer. Au cours de cette promenade, son chien Robòt (son nom est en occitan, et pas "robot" en français comme ça a été souvent été écrit) poursuit un lapin qui se réfugie dans un trou situé à l'endroit où un arbre avait été déraciné : un orifice d'environ 20 cm de diamètre s'ouvre au fond de ce trou, impossible à explorer sans un travail de désobstruction. En jetant des pierres pour essayer de faire sortir le lapin, Marcel Ravidat constate que le trou communique avec une vaste cavité. Comme cela se situe à 500 mètres du château de Lascaux, il pense qu'il s'agit de la sortie d'un souterrain.
Quatre jours plus tard, le jeudi (jour de repos scolaire à cette époque) 12 septembre, Marcel Ravidat, muni d'un matériel de fortune (lampe à huile, coutelas) pour s'éclairer et élargir l'orifice découvert précédemment, revient sur les lieux accompagné cette fois de Georges Agniel, Simon Coencas, Jacques Marsal et Georges Estréguil. Les jeunes gens pénètrent ainsi une première fois dans la grotte et y découvrent les premières peintures. Après des visites quotidiennes et une première exploration du Puits, Jacques Marsal dévoile leur découverte à ses parents, qui s'étonnent de le voir revenir couvert de poussière. Ils avertissent Léon Laval, leur ancien instituteur à la retraite, le 16 septembre10 qui pense à une plaisanterie et préfère ne pas s'aventurer dans le trou mal dégagé. Maurice Thaon qui réside dans un hôtel à Montignac entend parler de cette découverte, descend alors dans la cavité où il prend quelques croquis d'animaux. Il part en Corrèze rencontrer le préhistorien Henri Breuil, réfugié dans la région pour fuir l'occupant, pour lui relater la découverte et lui présenter les croquis. L'abbé Breuil est alors le premier spécialiste à visiter Lascaux, le 21 septembre 1940, en compagnie du chanoine Jean Bouyssonie et du docteur André Cheynier, bientôt suivis des préhistoriens Denis Peyrony et Henri Begouën.
La grotte est classée au titre des monuments historiques l'année même de sa découverte, par arrêté du 27 décembre 1940. Les parcelles de terrain où se trouve la grotte ou voisines de celle-ci sont classées au titres des monuments historiques par trois arrêtés successifs du 27 décembre 1940, puis du 8 mai et du 5 septembre 1962.
En octobre 1979, elle est inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité parmi différents sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère.
La grotte est bien décrite par André Leroi-Gourhan.
La grotte de Lascaux est relativement petite : l'ensemble des galeries n'excède pas 235 mètres pour un dénivelé d'environ 30 mètres. Le sol, en pente, possède une dénivellation inférieure de 13 mètres à l'extrémité du Diverticule axial, et inférieure de 19 mètres au bas du Puits. La partie décorée correspond à un réseau supérieur, le réseau inférieur étant difficilement pénétrable du fait de la présence de dioxyde de carbone.
L’entrée actuelle correspond à l’entrée préhistorique, même si elle a été aménagée et équipée d’un système de sas. L’entrée d’origine devait être un peu plus éloignée, mais son plafond s’est écroulé anciennement jusqu’à former le talus par lequel les inventeurs ont accédé à la grotte.
Pour faciliter les descriptions, la grotte est traditionnellement subdivisée en un certain nombre de zones correspondant à des salles ou des couloirs. Leurs noms imagés sont dus en partie à Henri Breuil et font souvent référence à l’architecture religieuse :
* la première salle est la salle des Taureaux ou Rotonde, longue de 17 mètres pour 6 mètres de large et 7 de haut ;
* elle se prolonge par le Diverticule axial, une galerie plus étroite de même direction, à peu près de même longueur ;
* depuis la salle des Taureaux, à droite du Diverticule axial, on accède au Passage, une galerie d’une quinzaine de mètres ;
* dans le prolongement du Passage s’ouvre la Nef, un couloir plus élevé d’une vingtaine de mètres ;
* la Nef elle-même se poursuit par une partie non décorée, les parois ne s'y prêtant pas, puis par le Diverticule des Félins (ou cabinet des Félins), un étroit couloir d’une vingtaine de mètres ;
* l'Abside est une salle ronde s’ouvrant vers l’ouest à la jonction entre le Passage et la Nef ;
* le Puits s'ouvre au fond de l'Abside. Son accès suppose une descente d'environ 4 à 5 mètres jusqu’au début du réseau inférieur.
Différentes interprétations de l'art préhistorique dans la grotte de Lascaux ont été proposées.
La grotte de Lascaux a livré de très nombreux restes osseux et outils de silex : ce sont ceux des peintres et graveurs. Elle n’a jamais été un lieu d’habitation et sa fréquentation semble essentiellement liée à ses œuvres pariétales.
La faune figurée sur les parois de Lascaux est celle que l’on retrouve dans la majorité des grottes ornées de l’aire franco-cantabrique : cheval, aurochs, bison, cerf et bouquetins dominent largement suivis d’animaux plus rares et souvent dangereux, comme l’ours, le rhinocéros et les grands félins.
Les espèces représentées ne correspondent pas aux espèces chassées et consommées : un seul renne gravé a été identifié alors que ces animaux représentent la grande majorité des restes osseux mis au jour (plus de 88 %). Un art dicté par une magie de la chasse tel qu’on le concevait aux débuts du XXe siècle peut donc être écarté.
Si elles sont extrêmement réalistes en ce qui concerne les morphologies et les attitudes des animaux, les œuvres de Lascaux ne visent toutefois pas une représentation exhaustive et naturaliste de la réalité : la flore, les reliefs et même le sol sont absents des parois de la grotte, comme c’est pratiquement toujours le cas d’ailleurs dans l’art paléolithique.
Il est indéniable que certains éléments figurés, certaines associations de signes, ont une valeur symbolique. C’est probablement le cas pour les trois paires de ponctuations que l’on retrouve au fond du Diverticule des félins et dans le Puits, aux limites des zones ornées. C’est sans doute le cas également pour les signes barbelés, les « blasons » ou les alignements de points présents sur différentes parois de la grotte.
La grotte de Lascaux est considérée par A. Leroi-Gourhan et par la quasi-totalité des préhistoriens comme un sanctuaire, une sorte de monument à caractère religieux.
D'autres interprétations ont été avancées. D'après l'archéoastronome Chantal Jègues-Wolkiewiez, la grotte aurait été un centre d'observation du ciel, puis un temple orné dédié aux constellations célestes. Ainsi, la lumière du soleil se couchant au solstice d'été aurait illuminé la première salle des Taureaux (avant qu'un éboulement n'obstrue l'accès vers la rotonde) dont les peintures représenteraient une carte des constellations zodiacales telles qu'on pouvait les observer il y a 10 000 ans. Cette interprétation n'a été publiée dans aucune revue à comité de lecture et est accueillie avec scepticisme par la communauté scientifique.
Thérèse Guiot-Houdart a étudié l'organisation de la composition, le placement, les dimensions et l'orientation des figures, la disposition des taches de couleurs, la technique du dessin, etc. Suivant cette méthode calquée sur la critique d'art, elle présente image par image une description détaillée et exhaustive des peintures de la Rotonde et du Diverticule (la seule complète à ce jour) dont elle déduit une interprétation novatrice révélant l'imaginaire de la fécondité à cette époque48. Jean Abélanet lui a écrit : « Votre essai de reconstitution d’une trame mythologique à partir des peintures de Lascaux me paraît tout à fait valable».
Selon Jean Clottes et David Lewis-Williams, la grotte de Lascaux aurait pu être liée à un culte chamanique. Ainsi, divers traits sans signification, incluant les huit flèches plantées dans l'un des félins du Diverticule, auraient été autant d'incisions exécutées à travers la paroi pour laisser passer les animaux et les pouvoirs surnaturels. Cette théorie est largement contestée aussi bien par la plupart des préhistoriens et que par les spécialistes du chamanisme : « J. Clottes et D. Lewis-William ont largement outrepassé les limites de la démarche scientifique en proposant une explication unique, unilatérale de la religion des origines ».

Enfin, les hommes préhistoriques auraient pu attribuer à leurs œuvres un semblant de vie. En se basant sur un relevé exhaustif des parois, Julien d'Huy et Jean-Loïc Le Quellec ont constaté que les animaux dangereux - félins, aurochs, bisons - semblaient davantage « fléchés » que les animaux moins dangereux - chevaux, cerfs, bouquetins. Selon eux, il pourrait s'agir d'une magie de la destruction ou d'une crainte de l'animation des images, les flèches servant alors à empêcher les animaux de s'animer. La croyance en la possible animation des images est corroborée par la disposition de celles-ci à l’intérieur de la grotte. Ainsi, les bisons, les aurochs et les bouquetins n’ont pas été représentés côte à côte. En revanche, on peut mettre en évidence des systèmes bisons-chevaux-lions et aurochs-chevaux-cerfs-ours. Julien d’Huy explique cette répartition par les affinités qu’entretiennent les espèces entre elles et par le biotope qu’elles occupent respectivement.

Thapsus

 Thapsus, quelquefois francisé en Thapse, est un site antique situé à l'est de l'actuelle Tunisie. Les ruines de la cité sont encore...

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