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Érechthéion

L’Érechthéion (en grec ancien Ἐρέχθειον / Erékhtheion, en grec moderne Ερέχθειο / Eréchθio) est un ancien temple grec d’ordre ionique situé sur l'acropole d'Athènes, au nord du Parthénon. C’est le dernier monument érigé sur l’Acropole avant la fin du Ve siècle av. J.-C. et il est renommé pour son architecture à la fois élégante et inhabituelle.

Il remplace le temple archaïque d’Athéna Polias qui se trouvait entre le Parthénon et l’emplacement actuel et qui fut détruit par les Perses en 480 av. J.-C. lors des guerres médiques.

Il est situé à l’emplacement de l’Acropole primitive et regroupait certaines des reliques les plus anciennes et les plus sacrées des Athéniens ; c’est à cet endroit qu’eut lieu la dispute entre Athéna et Poséidon.

On y trouvait aussi le Palladion, une statue d’Athéna, consacrée par Cécrops, roi mythique de l’Attique, et dont on croyait qu’elle était tombée du ciel ; les tombes de Cécrops et d’Érechthée ; une chapelle dédiée à Pandrose, une des trois filles de Cécrops, toutes les trois prêtresses de l'Érechthéion ; un puits d’eau salée, don mythique de Poséidon, et l’olivier sacré, don mythique d’Athéna fait à la population lors de sa dispute avec Poséidon.


L'architecte fut peut-être Philoclès ; d'autres sources citent Callicratès ou Mnésiclès comme auteurs du projet. Mais les goûts ont évolué et l'armature morale de la cité a changé : le baroque succède au classicisme, le grandiose et la simplicité font place au raffinement. Le besoin de préserver les sites sacrés explique probablement la complexité de la conception. Le temple n'est pas dédié à une divinité particulière mais est constitué de plusieurs sanctuaires. Trois de ces sanctuaires sont dédiés à Athéna, Poséidon et Zeus. On suppose que les deux autres sanctuaires sont dédiés à Cécrops et Érechthée, tous deux rois athéniens légendaires. L'Érechthéion se compose d'un corps principal, des portiques nord et sud et de plusieurs annexes. Le corps principal consiste en quatre parties qui ne représentent que la moitié d'un projet initial qui ne fut jamais achevé.


La plus grande, à l'est, est une cella avec un portique ionique. Du côté nord, un autre porche est soutenu par quatre colonnes pour la façade et deux sur les côtés ; au sud se trouve le fameux portique des cariatides où six statues de jeunes filles drapées servent de colonnes supportant l'entablement. Le temple est construit sur une pente, de sorte que les côtés nord et ouest sont situés environ trois mètres plus bas que les côtés sud et est. L'Érechthéion intact a été décrit par Pausanias.

Le nom de « cariatides » leur a été attribué secondairement, on les appelait auparavant simplement « jeunes filles », en grec Koré.

Plusieurs interprétations ont été proposées. Il pourrait s'agir des jeunes filles de Laconie qui dansaient chaque année en l'honneur d'Artémis Karyatis3, ou les choéphores de Cécrops, le baldaquin formant la partie visible de son tombeau.

D'après l'architecte romain Vitruve, leur nom viendrait de ce que la ville de Karyes s'étant alliée aux Perses lors de l'invasion, ses habitants furent exterminés par les autres Grecs et leurs femmes réduites en esclavage, et condamnées à porter les plus lourds fardeaux. Mais cette explication n'est actuellement pas retenue, ce motif architectural étant déjà répandu à cette époque, par exemple sur le Trésor des Siphniens à Delphes.

La construction du temple, tel qu'il est visible aujourd'hui, fut entreprise pendant la guerre du Péloponnèse. Elle commença lors de la trêve de Nicias en -421 et fut achevée entre -409 et -405, probablement en -406. Peu de temps après, en -403, Athènes dut capituler face à Sparte, entrer dans la ligue du Péloponnèse et voir sa démocratie remplacée par la tyrannie des Trente.

Le temple fut modifié et endommagé à plusieurs reprises, de sorte que son aménagement intérieur d'origine est sujet à controverse. Il fut d'abord endommagé par un incendie pendant la période classique, peut-être même avant d'être achevé et fut restauré. La cella ouest fut modifiée en -377 et en -27.


Au VIIe siècle, l'Érechthéion fut transformé en église ; les murs intérieurs furent détruits et d'autres furent édifiés. Pendant l'occupation franque, le temple est transformé en palais. Au cours de la période ottomane, le temple subit d'autres dommages. En 1463, il fut transformé pour loger le harem du commandant turc de l'Acropole et le portique nord fut muré.

Plus tard, Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople, fit enlever une des caryatides ainsi que de nombreuses autres sculptures du Parthénon et la vendit au gouvernement britannique. Cette statue se trouve actuellement au British Museum. Les cinq autres Caryatides se trouvent au musée de l'Acropole, protégées de la corrosion et de la pollution. Les six statues se trouvant sur le site sont des répliques exactes de celles d'origine.

Le bâtiment fut endommagé par les bombardements lors du siège de l'Acropole de 1827, au cours de la guerre d'indépendance. Servant d'abri aux familles de certains notables, il fut touché en janvier 1827 par un tir et son plafond s'effondra, tuant les occupants dont la veuve de Yannis Gouras.

De nos jours, le service grec de Conservation des Monuments de l'Acropole a proposé de permettre un accès à l'intérieur de l'Érechthéion, afin d'étudier sa configuration et d'enfouir les fondations de l'ancienne basilique chrétienne pour assurer leur conservation. Le narthex de cette église, transformé par la suite en citerne à l'époque ottomane, ne sera pas enterré, afin que ces éléments, témoins de l'histoire du monument, restent visibles. Pour ce projet, qui a obtenu l'accord du Conseil supérieur de l'Archéologie, il est prévu de doter l'Érechthéion d'un nouveau plancher provisoire fait de plaques de marbre blanc de quatorze cm d'épaisseur posées sur une armature métallique



La Table de Jugurtha

La Table de Jugurtha  est une montagne du Nord-Ouest de la Tunisie, sur le territoire de la municipalité de Kalaat Senan (gouvernorat du Kef), constituée d'une mesa s'élevant à 600 mètres au-dessus de la plaine environnante, culminant à 1 271 mètres d'altitude et s'étendant sur plus de 80 hectares. Son classement sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco est proposé par le ministère tunisien des Affaires culturelles en 2017.

Le site présente toujours des vestiges d’occupation humaine de différentes époques, principalement médiévaux. On y trouve des indices d'une cité primitive avec des restes d'habitations, des greniers, des fortifications et des cavités creusées dans la roche pour retenir, jadis, les eaux pluviales.
Des escargotières, des dolmens, des haouanet, des stèles libyques et des vestiges de structures dont l'origine pourrait être protohistorique sont présents. Ils traduisent des pratiques cultuelles et culturelles par un ancien groupe humain.

Selon des études menées par des missions archéologiques franco-tunisiennes, reprenant les hypothèses d'André Berthier sur la géographie de l'Afrique du nord antique, la Table de Jugurtha correspondrait au récit de Salluste décrivant le champ de bataille qui a opposé le royaume numide aux Romains en 107 av. J.-C. Cette interprétation est cependant hypothétique. Durant le Moyen Âge, le site sert tantôt de forteresse pour contrôler la région, tantôt de refuge pour les populations indigènes, dans le cadre des luttes pour le contrôle de l'Ifriqiya. 



La région environnante et ses plaines connaissent de nombreuses batailles entre envahisseurs, rebelles et maîtres du pays, sans que l'articulation entre la plaine de Bulla et la Table de Jugurtha soit claire sur le plan stratégique et militaire.
En 533, la plaine voisine de Bulla sert ainsi de refuge au dernier roi vandale Gélimer pourchassé par les Byzantins. Trois ans plus tard, elle sert de lieu de regroupement de l’armée rebelle de Stotzas qui s’oppose au patrice Solomon . En 686, à nouveau, les tribus berbères trouvent refuge dans la plaine voisine de Mermagenna après la mort du roi Koceïla.
Pendant le xe siècle et le XIe siècle, la plaine est un refuge pour les premiers Fatimides puis pour les Zirides. En 1283, l’émir hafside de Béjaïa, Abû Faris, y est tué par l’usurpateur Ibn Abi-Umara pendant que les survivants de la bataille trouvent refuge sur la montagne. En 1352, l’émir hafside Abû Ishâq Ibrâhîm al-Mustansir y est vaincu par des rebelles.
En 1644, Hammouda Pacha Bey vainc le cheikh des Hanencha, qui disposaient d'un refuge sur le plateau[6]. En 1694, Hussein ben Ali, soupçonné de trahison par les Mouradites, s’y réfugie avant de devenir maître de la régence de Tunis.
Au xviiie siècle, la Table aurait servi de refuge au brigand Senane, d’où le nom de la ville actuelle de Kalaat Senan (« fort de Senan »). Au xxe siècle, les Français y établissent une mine, désormais abandonnés.
En août 2017, le ministère tunisien des Affaires culturelles entame les premières démarches pour inscrire la Table de Jugurtha sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Le dossier de candidature est officiellement remis le 28 septembre 2017 au siège parisien de l’organisme par le ministre Mohamed Zine El Abidine. Le projet d’ouverture d’un musée consacré au site dans l’enceinte de l’ancien palais présidentiel de Habib Bourguiba est annoncé. Il est également prévu de fournir dans l'année qui suit un second dossier axé sur la valorisation et l’aménagement du lieu


Le Parthénon- Grèce

Le Parthénon  est un ancien temple, situé sur l'Acropole d'Athènes, dédié à la déesse Athéna, que les Athéniens considéraient comme la patronne de leur cité.

Réalisé entièrement en marbre pentélique, le Parthénon est à la fois un temple et un trésor, au sens antique du terme. Le naos du Parthénon fut conçu pour abriter la statue chryséléphantine de la déesse Athéna Parthénos, œuvre monumentale de Phidias, à laquelle les Athéniens présentaient leurs offrandes. Si le culte rendu à la déesse avait habituellement lieu dans l'ancien temple d'Athéna de l'Acropole, qui abritait un xoanon représentant Athéna Polias, le Parthénon fut spécialement consacré à la déesse Athéna Parthénos5, protectrice de la cité et déesse de la guerre et de la sagesse. Mais, concrètement, le Parthénon devait aussi protéger le trésor de la cité. Ce dépôt, composé essentiellement de métaux précieux, était conservé dans l'adyton du temple, regroupant en un même lieu, les fonds de la ville d'Athènes et de la ligue de Délos. Les 1150 kilos d’or de la statue d'Athéna pouvaient accessoirement être fondus en cas de nécessité.


Vue nord-ouest du Parthénon

Symbole architectural de la suprématie athénienne à l'époque classique, le Parthénon est probablement le temple qui a le plus inspiré les architectes néo-classiques. Il a servi de modèle dans de nombreux pays occidentaux. Ainsi, dans le courant du XIXe siècle, de nombreuses nations occidentales s'en inspirèrent pour héberger leurs institutions politiques — parlements, assemblées ou palais de justice — mais aussi leurs institutions culturelles — bibliothèques, universités ou musées — ou encore leurs institution.



LE SAHEL CHRÉTIEN EN TUNISIE

Sousse (Hadrumetum) connaît déjà au IIème siècle une présence chrétienne. On sait qu’en 251 le Collège d’Anciens de Sousse demanda conseil à celui de Rome. Des vestiges témoignent d’une présence chrétienne bien antérieure.
Aux environs de l’an 300, un chrétien, pour orner une tombe, dessina au poinçon sur marbre blanc et dans la tradition lybico-phénicienne, une image du Bon Pasteur, la plus ancienne connue en Afrique du Nord. Il porte sur ses épaules un bélier à la queue large de la race ovine locale. On peut l’admirer, ainsi que des mosaïques tombales, au Musée de Sousse, situé à l’extrémité du rempart supérieur de la ville, à cote du phare.
Les traces archéologiques d’une très ancienne communauté chrétienne sont innombrables dans la région, très variées, et d’une grande beauté. Les catacombes de Sousse, découvertes en 1885 par des officiers français, en sont un exemple unique et imposant. Voici ce qu’en dit M. Jean Tommy-Martin dans les « Promenades dans les villes antiques de la Tunisie » : Elles furent explorés au débout du siècle par l’abbé Leynaud, curé de Sousse, ensuite évêque d’Alger. Elles comptent plusieurs kilomètres de parcours, deux cent galeries et plus de 15.000 tombes. Mieux que dans les catacombes de Rome, on distingue les tombes dans les parois latérales. Il y a trois tombes superposées dans la hauteur de la galerie, sans parler de celles qui sont dans le sol de la galerie. Dans une des tombes latérales on distinguait encore, il y a quelques années, les ossements d’une jeune femme enterrée avec ses trois petits enfants, probablement tous les quatre victimes d’une épidémie. Pour empêcher l’effondrement du toit des galeries, on les a fortifies par des cadres de béton armé. Malgré ces retouches, les Catacombes conservent un aspect d’un exceptionnel intérêt ».

Enfida. Son Musée, facile à repérer puisqu’il s’abrite dans l’ancienne église désaffectée d’Enfida-Ville possède des beaux témoignages de la vie chrétienne : des mosaïques provenant d’Upenna et de Sidi Abich, dont les couleurs sont celles du pays aujourd’hui. Certains honorent des catholiques persécutés par les Vandales. Leurs motifs évoquent l’espérance, et leur présence en un tel lieu, une église désaffectée, est pour nous riche de signification. Dans les épitaphes chrétiennes on trouve aussi des noms d’origine berbere, comme Gududa et Iaader.
L’ouvrage « Saints d’Afrique du Nord », de Mgr. Victor Saxer, peut nous aider à identifier les personnages de l’époque dans cette région : « Parmi les documents d’ordre général, il faut mettre d’abord les martyrologes. D’importantes listes de martyrs africains sont insérées dans le Martyrologe dit de saint Jérôme, composé en Italie septentrionale avant le milieu du Vème siècle. Il n’est malheureusement pas toujours possible d’identifier les noms qui figurent sur ces listes. Autrement plus précieux pour l’hagiographie est le Calendrier de Carthage. Sa dernière mise au point fut faite entre 505 et 523/32. […] il ne semble pas téméraire de vouloir y retrouver diverses couches rédactionnelles, dont la plus anciennement accessible pourrait se trouver au Ier siècle ».
Les compilations martyrologiques ne donnent que les noms des saints, le jour de leur fête (l’anniversaire de leur mort et de leur déposition en terre) et leur qualité de martyr, d’évêque, etc. Pour connaitre sur leur vie et leur mort, il faut se référer aux textes hagiographiques : actes et Passions des Martyres, biographie des saints. Les Actes des martyrs sont des notes sténographiées sur le vif, par des témoins chrétiens, lors de la comparution et de la condamnation des martyrs. L’hagiographie africaine est, dès son apparition, d’expression latine, et comporte quelques une des pièces les plus anciennes, les plus authentiques et les plus belles de ce genre littéraire.
Nous trouvons l’un ou l’autre nom, au moins pour Sousse : le supplice daté de Maiulus de Sousse, mort le 11 mai 212. Son nom apparait dans le Martyrologe hiéronymien et le Calendrier de Carthage. L’année se déduit de la mention de Tertullien, Ad Sapulam, 3, où le proconsul d’Afrique, Scapula (211-213) est dit «avoir condamné aux bêtes Mavilus d’Hadrumète ». Pour la persécution sous Maximien (286-305) il mentionne le « groupe d’Hadrumète ».
El Jem : enfin, pour compléter ce périple pèlerinage, on se doit de visiter l’amphithéâtre d’el Jem. Pour un rapide historique sur la ville, redonnons la parole à M. Tommy-Martin : « La ville romaine de Thysdrus faisait suite à une ville punique. Sa richesse provenait du blé cultivé avec succès aux environs. Elle avait possédé une triple enceinte. Jules César qui manquait de matériel de siège, n’osa pas tenter une attaque de vive force. C’est seulement après la victoria décisive de Thapsus sur les Pompéiens (46 av. J.-C.) qu’il occupa Thysdrus. De la ville ruinée il n’exigea qu’une contribution de guerre en blé. Les Césariens complétèrent la défense de la ville par de fortes murailles et elle devint le grenier de l’armée romaine à cause de la fertilité des terres du voisinage. Une longue période de tranquillité fut alors favorable à Thysdrus. Pline le Jeune la cite comme une ville libre célèbre. Hadrien l’érigea en colonie romaine. Sous le règne de Commode (176-192) d’après Tertullien, il y eut une période de tolérance pour les chrétiens, qui y étaient nombreux. C’est ainsi qu’un proconsul, Cincius Severus, tenant ses assises dans la ville, faisait dicter secrètement aux chrétiens les réponses équivoques qu’ils devaient faire pour sauver les apparences et permettre leur acquittement. Dénoncé, il fut mis à mort sous Septime Sévère (197).


La construction du Colisée d’el Jem débuta au temps de Marcus Antonius Gordianus, un officier de quatre-vingts ans, empereur en 238 durant trois semaines, au moment de la révolte des citoyens contre les impôts romains. En soi, on ne peut pas dire que le colisée soit un monument chrétien, mais des chrétiens y ont péri, et une réflexion sur le thème « grandeur et décadences » s’impose à tout visiteur. Voici la description que M. Jean Tommy-Martin fait du colisée : « C’est le plus magnifique monument romain de l’Afrique du Nord. Ses dimensions ne sont dépassées que par le Colisée de Rome et l’amphithéâtre de Pouzzoles. Sa base est une ellipse dont le grand axe a 124 mètres. La hauteur totale était de 36 mètres (contre 49m. au Colisée de Rome). L’arène, de terre battue, recouverte de sable, avait un grand axe de 64, 50 m. et un petit axe de 39 m. Le gradin inferieur était à 3, 50 m. au-dessus de l’arène. Il devait y avoir place pour 60.000 ou 70.000 spectateurs. Il y avait trois étages d’arcades et 68 arcades à chaque étage. L’ouverture extérieure des arcades était de 3,33 m. avec des demi-colonnes d’ordre corinthien ou composite. A chaque extrémité du grand axe, il y avait deux galeries souterraines facilement accessibles par un escalier au bout du grand axe. Le long de la plus grande galerie, on peut voir, bien conservées, seize salles de près de vingt mètres chacune. Elles servaient à garder les fauves ou les prisonniers destinés aux jeux. La voute de la grande galerie a disparu. On voit deux autres ouvertures rectangulaires dans l’arène. Elles servaient au passage des ascenseurs qui montaient du sous-sol à l’arène les cages contenant les fauves… ».

Basilique de Damous El Karita: Carthage-Tunisie


La basilique de Damous El Karita est une basilique chrétienne tunisienne en ruines datant de l'Antiquité tardive et de l'époque byzantine. Elle est située sur le plateau de l'odéon au sein du site archéologique de Carthage.

Complexe architectural chrétien le plus important connu au sein de la capitale de l'Afrique proconsulaire, il est selon Noël Duval à la fois l'un des « plus célèbres monuments paléochrétiens » mais aussi l'un des « plus maltraités et mal connus ». Le complexe architectural a en effet constitué l'un des ensembles cultuels chrétiens les plus conséquents de l'Afrique du Nord de l'Antiquité tardive et alto-médiévale. Outre deux églises, l'ensemble a comporté au moins un martyrium, des hypogées et une rotonde souterraine à l'interprétation complexe et qui fait débat.

Il s'agit du premier monument chrétien découvert à Carthage mais l'ensemble a été fouillé « incomplètement [et] dans des conditions désastreuses » selon Noël Duval. Si la construction est dégagée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par le père Alfred Louis Delattre, la fouille du complexe n'a jamais été achevée ; des études partielles ont encore eu lieu à la fin des années 1990 sur la rotonde par une équipe tuniso-autrichienne sous la direction d'Heimo Dolenz.

L'importance du complexe a fait dire aux spécialistes que le lieu était non seulement un centre funéraire mais aussi un lieu de pèlerinage majeur lié à des cultes de saints inhumés en ce lieu et aussi de fêtes religieuses importantes.

L'identification de la basilique est complexe mais, à la suite des derniers travaux, certains auteurs en acceptent l'identification avec une basilique connue par les sources littéraires comme la basilica Fausti.

Le complexe reste incomplètement fouillé au début des années 1990. La surface connue du complexe en est cependant de 15 000 m2 dont 2 925 m2 pour le quadratum populi9.

Les recherches archéologiques qui ont eu lieu afin de trouver tombeaux et inscriptions paléochrétiennes ont dépouillé le monument de la majeure partie de son matériel, ce qui explique pourquoi ses vestiges actuels ne sont guère impressionnants. Des milliers de sépultures ont été retrouvées tant dans l'atrium que dans la basilique stricto sensu. Le complexe, outre la fonction funéraire liée à des sépultures saintes, semble avoir été le lieu de fêtes religieuses importantes liées à ses martyrs, voire l'un des lieux de pèlerinage les plus importants de toute l'Afrique du Nord.

Le congrès eucharistique de 1930 concourt à en brouiller la lecture par l'ajout de moignons de colonnes. Nombre de photographies réalisées durant le premier tiers du XXe siècle, avant ces restaurations intempestives, ont toutefois été conservées.

Immense édifice au départ (mesurant 65 mètres sur 453 avec neuf nefs et onze travées pour l'espace central), le site se compose, outre la basilique, d'un baptistère et d'un ensemble pouvant avoir abrité des moines (ou des religieuses selon Delattre). Dans son dernier état, le monument est très réduit, avec trois nefs et cinq travées uniquement, ce qui dénote une forte dégradation.

Au nord-est de la basilique se trouve un atrium semi-circulaire avec un portique entouré d'une galerie couverte. Sur son extrémité se situe une chapelle funéraire en forme de trèfle, peut-être un martyrium dédié aux martyrs des IIe-IIIe siècles. Delattre pense que les murs étaient revêtus de mosaïques et que chaque absidiole comportait un sarcophage. Cette chapelle a abrité une tombe dont peu d'éléments subsistent. Ces deux premiers éléments forment un ensemble homogène selon Noël Duval, ce qui semble écarter l'hypothèse originelle d'une chapelle tréflée primitive. Au milieu de la cour avec portique se trouvait une fontaine octogonale qui a servi aux ablutions.
L'élément le plus massif du complexe est une église à neuf (puis onze) nefs, dont la plus large mesure 12,80 mètres et onze travées dont les piliers sont à chapiteaux corinthiens, les fûts des colonnes en marbre vert et les chapiteaux et bases en marbre blanc. Le bâtiment principal, orienté sud-ouest - nord-est mesure 65 mètres sur  ; il a été remanié même si les travaux du xxe siècle en brouillent la lecture. Duval considère que les fondations orientées nord-est - sud-ouest appartiennent à une étape tardive du bâtiment. Au centre de l'église se trouvaient l'autel et un ciborium ; le père Delattre note que les autels en Afrique étaient souvent en bois. Les autels en Afrique étaient souvent situés au milieu de la foule des fidèles — avec des reliques situées à leur base — et encadrés par une enceinte. Cet aménagement n'a pas été mis en évidence à Damous El Karita du fait des fouilles destinées à recueillir du matériel archéologique. Les nombreuses sépultures qui y ont été dégagées semblent confirmer la présence de reliques, tout comme les éléments du complexe ayant pu commémorer des saints.



Les inhumations ad sanctus ont conduit à la naissance des mosaïques funéraires retrouvées en grand nombre en Afrique48. La couverture de la croisée des deux plus grandes nefs est indéterminée : Stéphane Gsell a pensé à une coupole mais une charpente avec lanterneau n'est pas exclue selon Noël Duval. Au centre de l'édifice, il semble y avoir eu une coupole comme dans d'autres édifices à Mcidfa, Bulla Regia, Sbeïtla ou Leptis Magna.

Les archéologues ont retrouvé deux absides au sud-ouest et au sud-est, une troisième ayant été construite ultérieurement au sud-est, bâties dans des matériaux qualifiés de mauvais par Delattre. La principale abside, celle du sud-ouest, est bâtie dans la septième travée. L'une des absides était encore ornée de mosaïques avec des vases et des fleurs entre autres ornements.
Le mur sud-est est bordé par des chambres, des chapelles et des hypogées. Au sud se trouve une seconde église plus petite (35,75 mètres sur 24,55) avec un baptistère carré à cuve hexagonale en marbre vert, très mal conservé, même si Delattre signale trois degrés sur ses côtés ; ce baptistère est inclus dans les fondations des colonnades. À partir du ve siècle, tout desservant du culte a pu administrer le baptême alors qu'auparavant cette cérémonie était réservée à l'évêque.

À l'ouest se situent des chapelles à des fins liturgiques et une salle hypostyle avec sur ses côtés des cellules et des chapelles où les archéologues ont retrouvé des mosaïques funéraires et des sarcophages. Dans l'espace appelé armoires étaient conservés selon Delattre les huiles, les vases et les linges nécessaires lors des baptêmes. Delattre a aussi signalé sur le côté occidental un caveau voûté avec arcosolium d'une hauteur et d'une longueur supérieure à trois mètres. La cella possédait un décor simple de mosaïque blanche et cinq arcosolia ayant abrité des sépultures. Les fouilles ont livré des sépultures dont l'une contenait du fil d'or et un début d'étude anthropométrique a été mené sur deux squelettes.

Basilique de Damous El Karita vue de l'ouest
Les cellæ qui appartenaient au complexe basilical avaient un usage divers : logement des employés du complexe ou stockage de livres ou du matériel selon Delattre. Les sacristies avaient selon Noël Duval des affectations variées : stockage de matériel, préparation des membres du clergé ou des actes religieux. Entre la grande église et la rotonde, un édifice assure l'unité du complexe ; les travaux récents ont confirmé qu'il s'agissait d'un secretarium ayant abrité des conciles connus par les textes au début du Ve siècle.
L'élément le plus important des annexes connues est localisé au sud-ouest : il s'agit d'une rotonde souterraine de 9,15 mètres de diamètre intérieur avec une coupole. Deux escaliers symétriques, voûtés et en équerre permettent d'y accéder ; le plafond est encore partiellement recouvert de tubes de terre cuite. Le corridor est long de 10,40 mètres et forme un angle avant d'accéder à la salle souterraine. Un corridor permettait d'entrer et l'autre de sortir selon Delattre, celui-ci se basant sur l'interprétation d'une mosaïque retrouvée.
La crypte contenait seize colonnes de marbre rose, hautes de 3,45 mètres et distantes l'une de l'autre de 1,60 mètre, ainsi que des niches. Une seule colonne était intacte, les autres ayant été redressées par l'équipe de fouille. Des chapiteaux de l'époque de Théodose ont été retrouvés dans le monument et déposés au musée Lavigerie. Ils étaient décorés d'aigles ou de béliers et alternaient avec des niches. Le sol portait une mosaïque en mauvais état et un stylobate de deux mètres de diamètre ayant peut-être comporté des colonnes.

Les dalles en sont larges de soixante centimètres. L'étage supérieur comportait une tholos avec un déambulatoire. Une colonnade périptère aurait été remplacée par un massif quadrangulaire. Les fouilles du secteur sont incomplètes et Duval cite également une exèdre de 25 mètres de diamètre située à proximité et des éléments retrouvés de l'autre côté de la route, dont la continuité pourrait laisser penser à une basilique en liaison avec un mausolée.

Rotonde située à proximité de la basilique

La rotonde aurait été dans ce cas le chevet de l'édifice basilical. La fonction de la construction n'est pas connue avec certitude, Delattre pensant y voir un baptistère transformé en chapelle à une époque ultérieure. Colette Picard évoque soit un baptistère soit un tombeau. Stephen Boyadjiev, à l'issue de son étude de 1973-1974, parle d'un baptistère monumental pourvu d'un portique. Noël Duval pour sa part cite une conduite d'eau mise en valeur par Alexandre Lézine, pouvant étayer une fonction de baptistère mais considère finalement dans le même article un « tombeau de martyr ou de saint, organisé pour les pèlerinages et à côté duquel aurait été construite une basilique funéraire ». Les travaux de l'équipe de 1996-1997 confirment cette interprétation. Le saint auquel été voué le martyrium n'est pas identifié par Noël Duval mais l'édifice est un « dispositif de pèlerinage » selon l'interprétation la plus vraisemblable des vestiges. L'organisation des lieux était destinée à rendre plus aisée le mouvement des pèlerins9. Yann Le Bohec évoque pour le monument une construction vers 400 et une fonction de memoria.



Thapsus

 Thapsus, quelquefois francisé en Thapse, est un site antique situé à l'est de l'actuelle Tunisie. Les ruines de la cité sont encore...

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